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09/04/2008

Flickr annule la frontière entre photo et vidéo

0c10d345f87e7dd4500348552df0cb8d.jpg Flickr continue de révolutionner les usages des images. La plate-forme de partage de photographies a ouvert aujourd'hui sa nouvelle fonctionnalité d'hébergement vidéo aux comptes pro. Avec une contrainte drastique: une limitation de durée à 90 secondes. Définie après de longs débats au sein du groupe des beta-testeurs, cette limite est issue d'une analyse fine des usages actuels des plates-formes. Aujourd'hui, l'iconographie créative est surtout représentée par l'image fixe, alors que l'image animée est principalement utilisée pour faire circuler des copies de contenus télévisés.

Impossible en une minute et demie de reproduire la dernière chanson des Tokio Hotel. En excluant la fonction d'archive, qui représente aujourd'hui l'usage majoritaire sur YouTube, Flickr règle par la même occasion la délicate question des droits d'auteur. Et fait le pari que cette limite encouragera la production d'un corpus vidéo conforme aux habitudes revendiquées de la plate-forme, qui favorisent une iconographie amateur de qualité. Pourtant, dès ce matin, les premiers exemples de téléchargements réels s'écartent des cartes postales modèles opportunément fournies par les beta-testeurs, et montrent le goût du jeu et du détournement des flickeriens.

Il va falloir patienter un peu pour constater la réponse inventée par les usagers face à cette contrainte peu banale. On peut s'attendre à la voir alimenter un nouveau genre de vidéo créative. Elle favorisera aussi les captations brèves au téléphone portable. Mais la vraie nouveauté réside dans le mélange dans un même espace des iconographies fixe et animée. Présentée dans un format de meilleure qualité que ceux utilisés par YouTube ou Dailymotion, la vidéo sur Flickr ne se distingue en rien des photographies, et va pouvoir être soumise aux mêmes usages et intégrée aux mêmes circulations. Cette rencontre étroite de contenus que les canaux traditionnels ont maintenus jusqu'à présent dans des univers séparés est une véritable révolution, qui traduit enfin l'unité technique sous-jacente des outils. Rendez-vous dans quelques semaines pour en observer les effets.

20/03/2008

Du son dans l'image

"Amateur" de Lasse Gjertsen est devenue une de mes vidéos préférées (un grand merci à lilious pour son signalement). D'après Wikipédia, c'est devant le désintérêt de ses professeurs pour sa première oeuvre: "Hyperactive" (mai 2006), que le jeune norvégien abandonne le Kent Institute of Art & Design, où il étudiait l'animation. Diffusé sur YouTube, cet exercice de montage sur le principe de la batterie humaine se verra classé à la troisième place des Most Creative videos de la plate-forme en ligne, avec près de 7,5 millions de vues.

Recourant au même principe du sample visuel, "Amateur" sera diffusé à partir de novembre 2006 (près de 8 millions de vues à ce jour). Gjertsen, qui ne pratique aucun instrument de musique, mais a réalisé divers remix à base d'enregistrements échantillonnés, se sert ici du montage vidéo pour créer un morceau associant batterie et piano.

Hybride entre animation et vidéo, le résultat est composé de 40 samples de batterie et 130 de piano. Une performance qui n'est pas sans rappeler les premiers pas du cinéma ou du dessin animé parlant, au moment où se teste l'ajustement de ces ressources disjointes. Les multiples répliques ou parodies qui s'inscrivent dans son sillage sur YouTube sont autant d'hommages à l'inventivité et au talent du jeune vidéaste.

On trouvera une description plus détaillée du processus (en anglais) dans un article du Wall Street Journal du 12/12/2006.

12:45 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : video, youtube, cinéma, amateur, remix

17/03/2008

Des mots qui dansent

Il faut s'y faire, sur le Flipbook, on aime Daft Punk. Et surtout "Harder, Better, Faster, Stronger" (2001), dont la postérité en ligne offre déjà la matière d'un sujet de thèse. Transmise par l'amie Gaëlle, voici une autre variation sur le hit du groupe français. Réponse au célèbre Daft Hands (posté le 06/06/2007, 16,382 milions de vues sur Youtube), dont elle reprend le principe, cette chorégraphie est remarquable par sa drôlerie et par la passionnante traduction visuelle qu'elle propose du mécanisme du remix (postée le 23/10/2007, 2,655 millions de vues sur Youtube).

05/03/2008

L'anti-buzz Cotillard

Etrange non-buzz autour des déclarations complotistes de Marion Cotillard - ou plutôt: étrange décalage entre médias classiques ou en ligne, très excités par l'affaire, et la viralité très basse des vidéos circulant sur Youtube ou Dailymotion: plus de 7.000 vues pour la vidéo la plus regardée sur Youtube, près de 15.000 vues pour la plus regardée sur Dailymotion: des chiffres très faibles étant donné le bruit médiatique (même en tenant compte du retrait de plusieurs versions datées de dimanche), comparativement beaucoup moins importants que ceux des vidéos sur la remise des Oscar, mis en ligne à peu près en même temps.

Rappel chronologique: l'émission de "Paris Dernière" avait été diffusée une première fois le 16 février 2007 sur Paris-Première, à l'occasion de la sortie de La Môme, puis apparemment rediffusée (invérifiable) la semaine dernière sur cette même chaîne. La première reprise web semble celle du site Purepeople.com, cité comme source par Marianne2.fr, le 29 février, puis le site de Marianne ce même jour. Un papier ultérieur du même journal relèvera le nombre important de commentaires laissés par des adeptes de la théorie du complot. Cela dit, on peut vérifier que ce nombre est encore plus important sur la version du site jeanmarcmorandini.com, qui reprend l'information d'après Marianne lui aussi le 29 février (1415 commentaires, contre 763 sur Mariane2.fr, 126 sur le site du Nouvel Obs et 26 sur Le Post, au 04/02 à 23h).

Bref, l'impression d'un effet de reprise médiatique, soutenu notamment par les sites pipole, plutôt qu'un buzz proprement dit. Après montée en sauce par les médias US, puis reprise aujourd'hui par plusieurs JT français, l'actrice a exprimé ses excuses. Une piteuse affaire qui témoigne, après plusieurs autres (SMS, vidéo "Pauvre con", etc.) du sensationnalisme de caniveau des sites de médias ou de journalistes en vue (Le Nouvel Obs, Le Parisien, Marianne, Jean-Marc Morandini). On s'attend évidemment à ce que cet anti-buzz soit généreusement attribué à internet et aux blogs par les habituels censeurs des nouvelles technologies, alors qu'il s'agit à l'évidence d'une dérive du journalisme classique, dont les méthodes et les gardes-fous sont visiblement soumis à rude épreuve par l'économie et la vitesse de leurs vitrines en ligne.

04/03/2008

Arrêt sur images tacle Kewego

Après la contrepublicité de la vidéo "Pauvre con", dont la diffusion hoquetante pendant plus de 24 heures a freiné le buzz, c'est maintenant Daniel Schneidermann qui se plaint de son hébergeur de vidéos. Embouteillé par l'afflux de copies d'extraits de la "Nouvelle Star", dont la nouvelle édition fait de beaux débuts sur M6, Kewego s'est montré incapable de traiter normalement les enregistrements du dernier plateau d'Arrêt sur images (avec Sylvie Lindeperg), qui ont dû être hébergés sur Dailymotion.

Perso, je mets les miennes sur Youtube, comme l'université de Berkeley.

09:35 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : hébergement, kewego, youtube

03/03/2008

L'arroseur youtubé

Après Ségolène Royal, Alain Duhamel ou Nicolas Sarkozy: ma pomme... Après avoir disserté sur "l'effet Dailymotion" et la viralité en ligne, me voilà contaminé à mon tour par l'enregistrement sauvage et propulsé contre mon gré sur Youtube (signalé par Fati.m.a).

Par bonheur, il s'agit d'un extrait tout ce qu'il y a de présentable de mon intervention “L’image partagée. Usages sociaux de la photographie sur internet” (dans le cadre du colloque “Enjeux de la photographie à l’heure d’internet”, Maison européenne de la photographie, le 7 décembre 2007).

Présentable... quant au contenu. Quant à la forme, c'est une autre affaire. Enregistrée au camphone, la séquence est de si mauvaise qualité qu'il est utile de confirmer que je me reconnais bel et bien – image et son étant à la limite du perceptible. Mais voilà précisément la caractéristique de la diffusion virale: il s'agit d'un contenu sur lequel je n'ai aucune prise, ni ne sais par qui ni pourquoi il est diffusé (quoique je me demande si je n'ai pas une petite idée...).

La première impression est incontestablement une impression d'étrangeté, avec notamment cette absence de légendage et ce flou visuel qui m'ont obligé à vérifier dans mes archives pour être certain de l'occasion.

Puis une espèce de soulagement après visionnage, ayant constaté que l'extrait ne contient pas de bourde ou de lapsus, suivi d'un certain contentement de se voir ainsi épinglé, sur ce qui est justement mon sujet de prédilection du moment.

Enfin, le professionnalisme reprend le dessus, et me fait observer que cette séquence se trouve liée par ses tags à la série issue de "Everyday". Autrement dit, cet enregistrement impromptu de mon commentaire sur la viralité à partir de l'oeuvre de Noah Kalina se trouve désormais inclus dans la traîne virale générée par cette vidéo. Une conséquence qui n'est pas sans rappeler le terrifiant destin du héros de L'Invention de Morel (Adolfo Bioy Casares, 1940) et qui, après tout, n'est que justice...

13:20 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : viralité, youtube

25/02/2008

Le Parisien découvre la viralité

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Fier de l'occasion de mettre en avant sa nouvelle plate-forme de diffusion de vidéos, le site du Parisien.fr avait mis en ligne samedi soir l'enregistrement de l'arrivée de Nicolas Sarkozy au salon de l'Agriculture avec son désormais célèbre "Casse toi, pauvre con!", dûment muni d'un bandeau "Le Parisien".

Mais le succès rencontré par cette vidéo, rapidement signalée par divers sites de presse (Le Monde, le JDD, 20 Minutes, etc.), a visiblement pris au dépourvu une rédaction peu habituée au buzz. Devant les difficultés de Kewego - la plate-forme choisie par le quotidien - pour faire face à l'afflux de demandes simultanées, occasionnant une diffusion hachée de la séquence, plusieurs dizaines d'internautes entreprenaient, dès samedi soir, d'en télécharger des copies sur Dailymotion puis sur Youtube.

Interloquée par l'existence de ces reproductions, alors qu'elle croyait disposer d'une interface qui l'interdisait ("Nos vidéos ne sont pas censées êtres blogables, grâce à un lecteur vidéo spécifique à notre site", selon Armelle Thoraval), la rédaction du Parisien demandait à Dailymotion le retrait des premières copies (ainsi qu'à Youtube, sans succès, pour cause de week-end). En vertu des règles de la propriété intellectuelle, la plate-forme française n'avait pas d'autre choix que de s'exécuter. Résultat: dès dimanche matin, des dizaines de nouvelles copies affluaient sur Dailymotion et Youtube, certaines issues de nouvelles reproductions à partir de l'original, sans le bandeau du quotidien. Le dimanche soir, la séquence était également recopiée à partir des extraits de JT de TF1 ou France 2. Les retraits de Dailymotion lui ont entretemps porté tort: agacés par les  coupures d'accès, la plupart des sites de presse, d'habitude fidèles à la plate-forme française, ont alors renvoyé à la version sur Youtube.

Le Parisien a perdu la bataille de la viralité: en voulant préserver son copyright, il a poussé les internautes à recourir à d'autres sources. La version désormais multicopiée sur Dailymotion ne porte plus le bandeau du quotidien. Dernier épisode du feuilleton: peu de temps après avoir passé le cap du million de consultations, ce matin à 9h50, la version orginale de la vidéo sur Kewego vient d'être retirée de la plate-forme (alors qu'elle est toujours accessible sur le site du Parisien). Une bonne occasion de publicité perdue - et la démonstration visible par tous que la rédaction a encore tout à apprendre du phénomène du buzz.

A sa décharge, la montée en consultation de la vidéo est la plus forte jamais observée pour une vidéo à caractère politique (plus importante que celle de la vidéo "Sarkozy G8", qui a battu depuis tous les records). Les caractéristiques virales de cette séquence sont inhabituelles, en raison de la multiplication très rapide des copies, mais aussi de l'apparition de remix musicaux - phénomène nouveau dans ce contexte - qui témoigne d'un passage d'un buzz passif à une viralité active. Le nombre et la dispersion des copies rendra plus difficile la mesure et le suivi d'une fréquentation qui s'annonce sans précédent.

 
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