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07/03/2008

D'un obscur recoin du net...

Reçu hier une demande d'interview pour un projet de documentaire consacré au "phénomène des buzz négatifs". Je cite: «Du "CV vidéo de Mathieu Vaidis" au "Casse toi pauvre con" de Nicolas Sarkozy, nous expliquons par quels mécanismes et avec quelles conséquences éventuelles, propos et images de tout un chacun peuvent se répandre d'un obscur recoin du net aux unes des médias traditionnels.»

Ma réponse: «Merci de votre invitation. Puis-je toutefois vous faire remarquer que la vidéo "Casse toi..." a été tournée par une équipe professionnelle, puis diffusée sur le site du Parisien.fr, qui a fait retirer ses copies non autorisées de Dailymotion et Youtube, de façon à conserver le contrôle de son copyright. Il s'agit donc d'un exemple qui illustre l'inverse de ce que vous souhaitez démontrer ("se répandre d'un obscur recoin du net aux unes des médias traditionnels."). Peu désireux de participer à une manipulation médiatique de plus sur internet, je suis au regret d'avoir à décliner votre invitation.»

«Se répandre d'un obscur recoin du net aux unes des médias» est une formule poétique et puissante. Ce qu'elle désigne n'est rien d'autre que cette nouvelle potentialité offerte aux usagers d'internet, qu'on dénomme habituellement viralité. La qualifier par l'expression "buzz négatif" montre à quel point les médias traditionnels résistent à l'idée de se voir dépouillés de leur pouvoir de diffusion, et de leur rôle dans l'appréciation de ce qui compte ou pas. A leurs yeux, on le comprend, tout buzz est forcément négatif, puisqu'il ne provient pas d'une instance institutionnelle légitime. Les producteurs de cette émission ne s'en rendent probablement pas compte, mais ce que promeut insidieusement leur formulation ("recoin obscur", "buzz négatif"), c'est ni plus ni moins le retour à la bonne vieille censure.

10:05 Publié dans télé | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : viralité, journalisme

03/03/2008

L'arroseur youtubé

Après Ségolène Royal, Alain Duhamel ou Nicolas Sarkozy: ma pomme... Après avoir disserté sur "l'effet Dailymotion" et la viralité en ligne, me voilà contaminé à mon tour par l'enregistrement sauvage et propulsé contre mon gré sur Youtube (signalé par Fati.m.a).

Par bonheur, il s'agit d'un extrait tout ce qu'il y a de présentable de mon intervention “L’image partagée. Usages sociaux de la photographie sur internet” (dans le cadre du colloque “Enjeux de la photographie à l’heure d’internet”, Maison européenne de la photographie, le 7 décembre 2007).

Présentable... quant au contenu. Quant à la forme, c'est une autre affaire. Enregistrée au camphone, la séquence est de si mauvaise qualité qu'il est utile de confirmer que je me reconnais bel et bien – image et son étant à la limite du perceptible. Mais voilà précisément la caractéristique de la diffusion virale: il s'agit d'un contenu sur lequel je n'ai aucune prise, ni ne sais par qui ni pourquoi il est diffusé (quoique je me demande si je n'ai pas une petite idée...).

La première impression est incontestablement une impression d'étrangeté, avec notamment cette absence de légendage et ce flou visuel qui m'ont obligé à vérifier dans mes archives pour être certain de l'occasion.

Puis une espèce de soulagement après visionnage, ayant constaté que l'extrait ne contient pas de bourde ou de lapsus, suivi d'un certain contentement de se voir ainsi épinglé, sur ce qui est justement mon sujet de prédilection du moment.

Enfin, le professionnalisme reprend le dessus, et me fait observer que cette séquence se trouve liée par ses tags à la série issue de "Everyday". Autrement dit, cet enregistrement impromptu de mon commentaire sur la viralité à partir de l'oeuvre de Noah Kalina se trouve désormais inclus dans la traîne virale générée par cette vidéo. Une conséquence qui n'est pas sans rappeler le terrifiant destin du héros de L'Invention de Morel (Adolfo Bioy Casares, 1940) et qui, après tout, n'est que justice...

13:20 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : viralité, youtube

25/02/2008

Le Parisien découvre la viralité

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Fier de l'occasion de mettre en avant sa nouvelle plate-forme de diffusion de vidéos, le site du Parisien.fr avait mis en ligne samedi soir l'enregistrement de l'arrivée de Nicolas Sarkozy au salon de l'Agriculture avec son désormais célèbre "Casse toi, pauvre con!", dûment muni d'un bandeau "Le Parisien".

Mais le succès rencontré par cette vidéo, rapidement signalée par divers sites de presse (Le Monde, le JDD, 20 Minutes, etc.), a visiblement pris au dépourvu une rédaction peu habituée au buzz. Devant les difficultés de Kewego - la plate-forme choisie par le quotidien - pour faire face à l'afflux de demandes simultanées, occasionnant une diffusion hachée de la séquence, plusieurs dizaines d'internautes entreprenaient, dès samedi soir, d'en télécharger des copies sur Dailymotion puis sur Youtube.

Interloquée par l'existence de ces reproductions, alors qu'elle croyait disposer d'une interface qui l'interdisait ("Nos vidéos ne sont pas censées êtres blogables, grâce à un lecteur vidéo spécifique à notre site", selon Armelle Thoraval), la rédaction du Parisien demandait à Dailymotion le retrait des premières copies (ainsi qu'à Youtube, sans succès, pour cause de week-end). En vertu des règles de la propriété intellectuelle, la plate-forme française n'avait pas d'autre choix que de s'exécuter. Résultat: dès dimanche matin, des dizaines de nouvelles copies affluaient sur Dailymotion et Youtube, certaines issues de nouvelles reproductions à partir de l'original, sans le bandeau du quotidien. Le dimanche soir, la séquence était également recopiée à partir des extraits de JT de TF1 ou France 2. Les retraits de Dailymotion lui ont entretemps porté tort: agacés par les  coupures d'accès, la plupart des sites de presse, d'habitude fidèles à la plate-forme française, ont alors renvoyé à la version sur Youtube.

Le Parisien a perdu la bataille de la viralité: en voulant préserver son copyright, il a poussé les internautes à recourir à d'autres sources. La version désormais multicopiée sur Dailymotion ne porte plus le bandeau du quotidien. Dernier épisode du feuilleton: peu de temps après avoir passé le cap du million de consultations, ce matin à 9h50, la version orginale de la vidéo sur Kewego vient d'être retirée de la plate-forme (alors qu'elle est toujours accessible sur le site du Parisien). Une bonne occasion de publicité perdue - et la démonstration visible par tous que la rédaction a encore tout à apprendre du phénomène du buzz.

A sa décharge, la montée en consultation de la vidéo est la plus forte jamais observée pour une vidéo à caractère politique (plus importante que celle de la vidéo "Sarkozy G8", qui a battu depuis tous les records). Les caractéristiques virales de cette séquence sont inhabituelles, en raison de la multiplication très rapide des copies, mais aussi de l'apparition de remix musicaux - phénomène nouveau dans ce contexte - qui témoigne d'un passage d'un buzz passif à une viralité active. Le nombre et la dispersion des copies rendra plus difficile la mesure et le suivi d'une fréquentation qui s'annonce sans précédent.

23/02/2008

Le plus beau buzz du "style Sarkozy"

SalonAgriculture
 
Magnifique cas de viralité instantanée de la vidéo de la visite de Nicolas Sarkozy au salon de l'Agriculture, publiée à partir de 19h33 sur le site du Parisien.fr. Ci-dessus, une copie d'écran de la réponse à la requête "Sarkozy agriculture" à 23h sur Dailymotion: une rapidité de reproduction encore jamais vue, qui promet un buzz exceptionnel dans les jours qui viennent... 

 

23:25 Publié dans buzz | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : sarkozy, viralité, dailymotion

 
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