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11/03/2008

Un compact sous un reflex

fb1f82c464d6eb94b4ef6a8788af915e.jpgL'équation est connue. En numérique, les reflex font de bonnes photos, mais sont encombrants et indiscrets. Les compacts sont légers et pratiques, mais donnent des résultats qui laissent à désirer. Plusieurs constructeurs on tenté de réduire cet écart en proposant des compacts "experts" aux qualités améliorées, comme le Ricoh GRD, le Canon G9 ou le Sigma DP1. Avec le E-420, Olympus prend le problème par l'autre bord. L'intérêt qu'a suscité l'annonce de la commercialisation en mai prochain de ce nouveau reflex ne vient pas, comme c'est rituellement le cas, d'une multiplication des mégapixels ou d'un accroissement de la sensibilité, mais de sa petite taille et d'un mode Live View réellement utilisable en prise de vue.

Désireux de ravir à Pentax la troisième place des constructeurs de reflex, Olympus fait preuve d'une forme d'innovation non conventionnelle. Outre son poids plume (380 gr), le modèle est accompagné par un nouveau 25 mm (équivalent 50 mm): le premier objectif à focale fixe créé pour un reflex numérique, dont la compacité contribue à faire de l'outil un appareil qui se glisse dans la poche. Sous réserve d'essai, et sans oublier que la marque pâtit du choix de l'affreux format 4/3 (format télé), cette option en fait incontestablement une des propositions les plus intéressantes du moment. Il y a fort à parier que cette nouvelle direction inspirera la concurrence, auquel cas le E-420 aura ouvert la voie à une nouvelle catégorie de caméras: les reflex compacts.

 Voir le descriptif complet sur Digital Photography Review.

Commentaires

Le 25mm n'est pas le premier objectif à focale fixe compact créé pour un reflex numérique, il y à ceux de Pentax qui sont a ce format. Par contre, je pense que c'est la premiere fois qu'on en propose un en kit avec le reflex.

Écrit par : motley | 11/03/2008

oui, pour un type comme moi ça remplacerait avantageusement le Bridge, et de moins en moins besoin du zoom, si l'usage de l'appareil numérique c'est une sorte de caméra frontale pour que le blog rende compte de ce qui fut vu... Besoin que ce soit costaud, craigne pas la poche ou le sac, tire rapidement et discrètement : toujours cette idée d'un appareil qui ne s'occupe pas de "photographie", mais de destination Net des images...

Écrit par : F | 11/03/2008

Est-ce que ça fait un bruit quand on clic, car avec la grosse taille du reflex le bruit indiscret de son obturateur est aussi... d'après moi un petit défaut!

Écrit par : Fati.m.a | 12/03/2008

Pourquoi donc qualifier le format 4/3 d'"affreux" ? Sophie Le Saint apparait pourtant en 4/3 la plupart du temps. Non vraiment, je ne comprends pas.

Erwan de Paname
(possesseur d'un G9 et shootant volontiers au 4/3)

Écrit par : Erwan | 14/03/2008

Le 4/3 de la photo numérique "première mouture" est pour des raisons économiques directement issu du format 1,33 de la chaîne vidéo analogique de la télévision, lui même issu du cinéma d'avant-guerre. Son intérêt principal était de permettre la vision "plein cadre" d'une image sur les premiers écrans d'ordinateur.
On peut certes apprécier ce format et vivre avec, mais il n'est pas neutre quant à la composition et au cadrage des images, à leur caractère plus ou moins statique ou dynamique, au rapport des personnages et de leur environnement. Il n'a en tout cas rien de naturel, la vision binoculaire du regard humain étant plus proche du cinémascope…
Le 24x36 (ratio L/H= 1,5) ou le 16/9 (ratio 1,78) adopté par la TVHD sont à mes yeux des compromis plus intéressants plastiquement parlant.
A noter qu'en peinture on retrouve de telles catégories, avec le format dit "figure", le format paysage et le format marine.

Écrit par : Didier Roubinet | 15/03/2008

Si je résume, Didier, il faut que le format soit plutôt très allongé, étiré en largeur pour vous convenir. Il y a deux choses à bien distinguer et que vous tendez à mêler dans votre argumentaire : d'une part la proximité avec le regard humain et d'autre part le caractère "intéressant plastiquement parlant". Ce n'est pas tout à fait la même chose.

- l'argument de la proximité avec le regard humain ne tient que moyennement à mon sens. Si la chose était capitale, le format "portrait" ou "à la française" n'existerait pas et on n'éprouverait pas le besoin de tourner son appareil à 90 degrés de temps à autre. En outre le fait que le cadre vienne couper brutalement - et de façon rectangulaire - le champ de ce qu'on peut percevoir par la photo suffit à rendre l'image peut conforme avec l'expérience sensible.
- reste l'intérêt plastique. Est-ce à dire que les photographes qui ont eu recours - et ont toujours recours aujourd'hui - au format carré produisent des oeuvres peu intéressantes plastiquement ?

Je ne suis pas un intégriste du 4/3 (je suis souvent passé du 4/3 au 24x36 et réciproquement), mais je ne trouve pas ce format moins intéressant ou plus affreux qu'un autre. Peut-être un peu moins "naturel" que le 16/9 mais est-ce vraiment l'important ? Le 4/3 peut être perç comme un compromis pratique entre le format carré et un format plus panoramique. Tout dépend du photographe, de son projet, du sujet. Ce qui me semble certain, c'est qu'aucun format n'est vraiment "neutre" en soi. Et qu'aucun format n'est vraiment plus intéressant plastiquement qu'un autre, sauf à considérer le projet artistique ou documentaire un peu plus largement, non ?

Écrit par : Erwan | 15/03/2008

D'accord avec Erwan que l'argument de la "naturalité" n'en est pas un. Mais d'accord avec Didier sur l'efficacité plastique du format 3/2, d'une grande élégance, alors que le 4/3 empâte l'image. Si l'on fait l'expérience, on s'apercevra qu'il est bien rare de ne pas pouvoir cropper une image réalisée en 4/3 dans un format 3/2, ce qui lui donne en général plus de dynamique, l'allongement étant favorable à la mise en valeur des diagonales. Le format carré, qui n'a rien à voir avec le 4/3, est un format esthétiquement puissant, qui autorise de multiples jeux avec la géométrie, mais dans un registre plus contraint.

Écrit par : André Gunthert | 16/03/2008

… Format carré effectivement puissant, qui avait aussi l'avantage d'occuper au mieux le cercle image des optiques, donc de simplifier la vie des fabricants, et dans lequel des photographes comme Doisneau n'hésitaient pas à retailler.

La naturalité de la vision binoculaire "élargie" que j'évoquais un peu rapidement a moins à voir avec le format de l'image qu'avec notre perception de l'espace, dans lequel par définition il faut bien cadrer, sous-entendu plus ou moins large.

Ce type d'analyse disons scénographique de l'espace aide par exemple à trouver ce que personnellement j'appelle "la place du chat", bref de choisir un point de vue le plus intéressant possible face à une scène donnée.

A noter aussi que cette petite gymnastique visuelle est souvent délaissée, l'utilisation extensive des zooms s'assimilant parfois à une forme de paresse.

Écrit par : Didier | 16/03/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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