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27/02/2008

Une photo de l'EHESS à la une

eb4cc30ba52647d4d85e22a34ee78725.jpgCoïncidences de l'actu, 20 Minutes.fr me met à la une à toutes les sauces: dans une interview, par Alice Antheaume, sur les réactions à la petite phrase de Sarkozy, mais aussi en illustration d'un article, par  Alexandre Sulzer, réfutant le spectre des années de plomb. Puisque l'occasion se présente, détaillons le parcours d'une image dans un processus d'illustration, vu de l'intérieur.

Le 16 février dernier, pour illustrer un billet évoquant le débat sur les errements du système démocratique, je reprends une photographie de l'EHESS que j'avais effectuée en 2006, après l'occupation du 105, bd Raspail, avec le tag "Mort à a démocratie", qui avait fait couler beaucoup d'encre. En lisant mon blog, Johan Hufnagel, de 20 Minutes, aperçoit cette image et me demande l'autorisation de l'utiliser en illustration de l'article d'Alexandre Sulzner en préparation. Autorisation que je lui confirme d'autant plus volontiers que cette image, comme l'ensemble du reportage effectué au moment de l'évacuation des locaux, sont disponibles depuis l'origine sur Flickr sous licence Creative Commons, qui permet une libre utilisation de la source, à condition de citer l'auteur.

Je constate aujourd'hui que le choix s'est finalement porté sur une autre image, porteuse du tag "La salarié se tue à la tâche/Le patron se tue à la hache" (la légende "Saccage de la Maison des sciences de l'Homme à Paris en 2006" est de la rédaction de 20 Minutes). Et voilà comment un état des lieux de l'occupation de l'EHESS se trouve illustrer deux ans plus tard un article critiquant l'affirmation de la ministre de l'Intérieur sur un "retour du terrorisme d'extrême gauche".

25/02/2008

Enfin les digital natives!

77fdaab76ff2608d4d100edc98370afe.jpgOui, c'est dur de l'avouer: ça fait déjà vingt ans que j'enseigne à l'université. Eh bien vous me croirez ou pas, mais c'est la première fois qu'après avoir prononcé une conférence, jeudi dernier à Bordeaux, à l'invitation de l'association "Vocation sociologie", je retrouve quelques jours plus tard le compte rendu complet de mon intervention, vidéos comprises, sur le blog de Mlle Tortue, ci-devant étudiante en master. Et moi qui n'ai même pas encore fini la version que je veux mettre en ligne... Des étudiants comme ça, ça fait vingt ans que je les attends! Qui osera dire qu'on ne vit pas une époque formidable?

Le Parisien découvre la viralité

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Fier de l'occasion de mettre en avant sa nouvelle plate-forme de diffusion de vidéos, le site du Parisien.fr avait mis en ligne samedi soir l'enregistrement de l'arrivée de Nicolas Sarkozy au salon de l'Agriculture avec son désormais célèbre "Casse toi, pauvre con!", dûment muni d'un bandeau "Le Parisien".

Mais le succès rencontré par cette vidéo, rapidement signalée par divers sites de presse (Le Monde, le JDD, 20 Minutes, etc.), a visiblement pris au dépourvu une rédaction peu habituée au buzz. Devant les difficultés de Kewego - la plate-forme choisie par le quotidien - pour faire face à l'afflux de demandes simultanées, occasionnant une diffusion hachée de la séquence, plusieurs dizaines d'internautes entreprenaient, dès samedi soir, d'en télécharger des copies sur Dailymotion puis sur Youtube.

Interloquée par l'existence de ces reproductions, alors qu'elle croyait disposer d'une interface qui l'interdisait ("Nos vidéos ne sont pas censées êtres blogables, grâce à un lecteur vidéo spécifique à notre site", selon Armelle Thoraval), la rédaction du Parisien demandait à Dailymotion le retrait des premières copies (ainsi qu'à Youtube, sans succès, pour cause de week-end). En vertu des règles de la propriété intellectuelle, la plate-forme française n'avait pas d'autre choix que de s'exécuter. Résultat: dès dimanche matin, des dizaines de nouvelles copies affluaient sur Dailymotion et Youtube, certaines issues de nouvelles reproductions à partir de l'original, sans le bandeau du quotidien. Le dimanche soir, la séquence était également recopiée à partir des extraits de JT de TF1 ou France 2. Les retraits de Dailymotion lui ont entretemps porté tort: agacés par les  coupures d'accès, la plupart des sites de presse, d'habitude fidèles à la plate-forme française, ont alors renvoyé à la version sur Youtube.

Le Parisien a perdu la bataille de la viralité: en voulant préserver son copyright, il a poussé les internautes à recourir à d'autres sources. La version désormais multicopiée sur Dailymotion ne porte plus le bandeau du quotidien. Dernier épisode du feuilleton: peu de temps après avoir passé le cap du million de consultations, ce matin à 9h50, la version orginale de la vidéo sur Kewego vient d'être retirée de la plate-forme (alors qu'elle est toujours accessible sur le site du Parisien). Une bonne occasion de publicité perdue - et la démonstration visible par tous que la rédaction a encore tout à apprendre du phénomène du buzz.

A sa décharge, la montée en consultation de la vidéo est la plus forte jamais observée pour une vidéo à caractère politique (plus importante que celle de la vidéo "Sarkozy G8", qui a battu depuis tous les records). Les caractéristiques virales de cette séquence sont inhabituelles, en raison de la multiplication très rapide des copies, mais aussi de l'apparition de remix musicaux - phénomène nouveau dans ce contexte - qui témoigne d'un passage d'un buzz passif à une viralité active. Le nombre et la dispersion des copies rendra plus difficile la mesure et le suivi d'une fréquentation qui s'annonce sans précédent.

23/02/2008

Le plus beau buzz du "style Sarkozy"

SalonAgriculture
 
Magnifique cas de viralité instantanée de la vidéo de la visite de Nicolas Sarkozy au salon de l'Agriculture, publiée à partir de 19h33 sur le site du Parisien.fr. Ci-dessus, une copie d'écran de la réponse à la requête "Sarkozy agriculture" à 23h sur Dailymotion: une rapidité de reproduction encore jamais vue, qui promet un buzz exceptionnel dans les jours qui viennent... 

 

23:25 Publié dans buzz | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : sarkozy, viralité, dailymotion

L'info peut-elle séduire?

5940357782494b8c42e388a7b5939162.jpgDans le ronron du petit écran, il en faut peu pour secouer la routine. Comme l'apparition dans la lucarne du 13h de France 2 du visage de Sophie Le Saint. La journaliste qui officie depuis 1998 sur Télématin a eu droit à un remplacement à l'occasion du week-end.

Mais la surprise ne vient pas de ce chassé-croisé. Elle vient de l'impression qu'il n'est pas si fréquent de voir une aussi charmante jeune femme occuper le siège de présentateur des grands-messes de la télévision publique. Et du lien qu'on ne peut manquer de faire avec les nouvelles habitudes des chaînes tout-info, qui misent volontiers sur les plus jolis minois pour conforter l'audience. Il est difficile de l'exprimer sans manquer de respect aux titulaires habituels du poste sur France 2, mais en voyant Sophie Le Saint, on ne pouvait s'empêcher de se dire: tiens, où suis-je?

Faut-il un visage grave pour introduire aux désordres du monde? Pas forcément. Mais l'alliance de la séduction et de l'information a toujours constitué un compromis difficile à gérer et peut-être à accepter pour les professionnels. Si le journal Le Monde n'a admis qu'en 1995 d'ouvrir ses colonnes à la photographie, c'est pour la raison précise que l'image était réputée plus frivole et aurait porté atteinte à la réputation de sérieux du quotidien de la rue des Italiens.

Un affrontement qui dure depuis le début du XIXe siècle, au moment de la création des premiers journaux illustrés - qui ne pouvaient s'adresser, disait-on, qu'à un public d'analphabètes, tandis que les décideurs savouraient les austères colonnes de texte en petits caractères de la presse digne de ce nom.

Reverra-t-on Sophie Le Saint à 13h ou à 20h? On le lui souhaite, et les audiences du week-end fourniront des indications qui seront probablement regardées à la loupe dans les étages directoriaux. Mais il est à craindre que ce choix, s'il est fait, ne le soit pour de mauvaises raisons. Est-ce pour ses compétences que la journaliste sera retenue, ou comme un moyen de freiner la chute constatée, partout dans le monde, de la consommation de l'information sur les chaines généralistes?

22/02/2008

Cachez ce sein

f94c04dfd3a0fa776dbf80b68cc365cd.jpgUn concours de miss est une compétition qui désigne la plus jolie fille parmi un quarteron de candidates, toutes plus aimables les unes que les autres. Qu'on a pu admirer sous toutes les coutures, histoire de se faire une idée. De quoi garantir un pic d'audience à TF1, qui accueille le show depuis 1995.

C'est pourquoi, à l'annonce de la publication d'une nouvelle série de photos "coquines" de Valérie Bègue, reproduites illico sur le blog jeanmarcmorandini.com, certains se sont demandés si l'hypocrisie de Geneviève de Fontenay ne dépassait pas les bornes. Même un ado gorgé d'hormones aura du mal à trouver érotiques ces images, laborieusement copiées par le magazine Choc à partir d'une vidéo volée - maigre butin où la seule chose vraiment obscène sont les gros titres.

Qu'importe! Abritée derrière son règlement, la cheftaine au chapeau pie gronde, rugit et tonne. Pas de ça chez moi! Elle n'a plus qu'à démissionner. Comment voulez-vous que je l'emmène maintenant dans les concours de province?

C'est là qu'on se dit que la présidente du comité Miss France a encore toute sa tête. Et qu'à force d'en labourer les sillons, elle connaît probablement le terreau hexagonal mieux que Nicolas Sarkozy lui-même. Un président de la République qui a élu première dame de France un top-model qu'on peut apercevoir un peu partout dans des postures et des tenues qui font passer Valérie Bègue pour une communiante. Un président qui a cru pouvoir briser un tabou et voit s'accumuler sondages et témoignages illustrant la crispation de la France profonde.

Geneviève connaît sa clientèle. De la viande fraîche, oui, mais camouflée derrière ce qu'il faut d'hypocrisie, de fanfreluches et de strass. Des sensations, mais protégées par la cautèle bourgeoise. Un principe qui décrit assez bien le concours des Miss – et que Molière moquait déjà dans la célèbre scène du Tartuffe (III, 2). Montrez-moi ce sein, mais surtout, faites semblant de me le cacher. Une leçon qui reste des plus actuelles dans les bourgs et les campagnes de France, et dont l'oubli a couté cher au chef de l'Etat.

Illustration: Gabrielle d'Estrées et la duchesse de Villars, musée du Louvre, Ecole de Fontainebleau, vers 1594 (domaine public).

19:30 Publié dans images | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : miss, nu

 
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