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15/08/2008

Appel des blogueurs de 20minutes.fr

«Nous, blogueurs de 20minutes.fr, nous étonnons de la mise à pied brutale du rédacteur en chef Johan Hufnagel et du manque d'informations quant à l'avenir d'un site dont nous sommes en partie des fournisseurs de contenus. Jusque-là, 20minutes.fr nous a répondu, a donné des couleurs à nos blogs, mettant en avant nos textes. Ca discute, ça échange, ça s’engueule, ça rigole. Et ça apprend aussi..

Tout ça crée des liens. Impossible de passer par pertes et profits que la rédaction de 20 minutes.fr est en grève au motif de la mise à pied d’un rédacteur en chef, et que c’est peu courant. Nous n'en connaissons pas les raisons, mais la jolie petite mécanique entre les amateurs blogueurs et la rédaction est coincée. Et nous le regrettons.»

25/05/2008

Le Flipbook tourne la page

Le Flipbook s'interrompt. On trouvera des explications ici. Rendez-vous sur mon autre blog pour poursuivre l'exploration de la face cachée des images.

19:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

02/05/2008

Une Audi pour sauver le monde

1485541872.jpgEtrange mashup du masque de fer, de Robocop et de l'inspecteur Gadget, Iron Man, de Jon Favreau, est surtout un film hanté par la bagnole. Outre le partenariat publicitaire avec la marque allemande, la conception du robot qui s'y déploie, très différente du techno-samouraï imposé par le dessin animé japonais, porte le sceau de l'industrie automobile. Plus que par les exploits de l'homme de fer, la production est fascinée par les opérations de montage-démontage et les robots-assembleurs, véritables héros du film, qui n'arrêtent pas de visser et dévisser une armure peinte aux couleurs d'un racing-car. Un homme qui a un phare de voiture à la place du coeur ne peut pas être tout à fait méchant, semble nous souffler l'intrigue, qui voit Gwyneth Paltrow fourrager à pleines mains dans l'ersatz métallique.

Laissons de côté un scénario qui peine à dissimuler des tendances très pro-McCain sous un vernis politiquement correct (le vilain marchant d'armes soi-disant réhabilité par l'épreuve ne trahit jamais sa philosophie initiale, dont le seul critère est qu'une arme doit être placée en de bonnes mains). Comme de coutume, c'est par ses marges que le blockbuster nous renseigne sur l'évolution de l'imaginaire de la société américaine. La séquence la plus impressionnante du film intervient dès ses premières minutes, avec l'attaque surprise d'une colonne de Hummer US dans les montagnes afghanes. Où l'on voit les soldats de l'armée américaine, blancs de peur, se faire déchiqueter par les armes dont le héros est le fabricant. D'entrée de jeu, tout est dit, avec la terrible efficacité de la machine hollywoodienne. Malgré les tentatives pour redonner à l'intrigue une allure plus marvellienne, le film restera jusqu'au bout enfermé dans ce paradoxe. Un remords plutôt qu'une morale qui, à l'envers du scénario, répète confusément que ce qui devrait nous sauver nous tue.

Reste une bonne nouvelle, que l'on peut déduire des détails d'assemblage dont le film est prodigue: Audi travaille certainement à un modèle propulsé par une énergie propre et inépuisable, à base de palladium. A la portée de tous les milliardaires qui ont une villa avec vue sur la mer à Malibu.

11:44 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : cinema, hollywood, iron man

01/05/2008

Arrêt sur images sonne le glas des JT

143573939.jpgA marquer d'une pierre blanche. La version en ligne de l'émission "Arrêt sur images", qui a passé jadis de longues heures à décrypter les journaux télévisés prend acte du déplacement profond des équilibres médiatiques. “Les jités en valent-ils la peine?” s'interroge Daniel Schneidermann. Au prétexte de mesurer si l'effort d'archivage quotidien de ces sources, qui mobilise l'équivalent d'un poste à temps plein, est encore justifié, la question est posée aux abonnés. Mais les arguments présentés par l'animateur indiquent la pente.

“Les jités de Pépéjadas sont-ils encore, aujourd'hui, le lieu central où se forge l'imaginaire collectif? Sont-ils encore le lieu d'une influence qui justifie qu'on les observe à la loupe? Mon intuition personnelle me pousse plutôt à répondre non. Certes, ils sont encore massivement regardés (de moins en moins, mais tout de même). Mais leur influence dans le débat public n'est pas à la hauteur de leur audience. (...) On y quête une sorte de vague confirmation d'on ne sait quoi, de choses apprises ailleurs. Et cela est d'autant plus vrai que l'on est plus jeune. Plus on vieillit, plus les jités restent la source unique d'information. Plus on est jeune, plus ils apparaissent comme une sorte de source virtuelle de bruit, située quelque part dans le paysage, entre les gratuits du matin, Dailymotion, les émissions que l'on se podcaste, et une myriade éclatée de sites. Dans l'ensemble, leur influence me semble désormais s'exercer davantage par la négative que de manière positive. Je veux dire que ces jités (et au delà d'eux, l'ensemble des médias traditionnels) conservent, en occupant l'espace qu'ils occupent, le pouvoir considérable d'empêcher d'émerger les thèmes qu'ils ne traitent pas. Ils conservent aussi le pouvoir de ratifier, en leur donnant de l'écho, des thèmes imposés ailleurs. (...) Ils sont désormais incapables d'imposer eux-mêmes un sujet dans l'agenda. (...) Devons-nous continuer de scruter ce lieu qui influence de moins en moins de citoyens et qui, biologie aidant, en influencera de moins en moins? Devons-nous garder notre loupe braquée sur des images que vous, abonnés de ce site, ne regardez majoritairement pas? Ou bien devons-nous concentrer nos forces sur les lieux d'influence émergents (presse en ligne, sites de partage, interviews radio du matin, chaînes de la TNT ou étrangères, émissions de télé tardives ou minoritaires que nous sous-traitons pour le moment, comme le Grand Journal de Canal+, Ruquier, Taddei), sur les mécaniques de buzz ou de reprises, et sur les innombrables intox du Web, qui n'ont rien à envier à celles d'Elkabbach? Où notre grain de sable est-il le plus utile?”.

Les “innombrables intox du web”? Ce n'est pas @si qui nous aidera à savoir lesquelles. Mis à part ce remords, qui indique bien que Schneidermann n'est pas encore prêt à jeter sa haire avec sa discipline, la réponse ne fait guère de doute. Sous la fausse question, le journaliste sent bien l'urgence d'un renouvellement. Ce nouveau programme (qui ressemble beaucoup à celui que je lui prédisais dès l'annonce de la création du site) lui est en réalité imposé par son public en ligne. Reste à savoir si l'équipe blanchie sous le harnais du décryptage des grand-messes a les moyens de le mettre en oeuvre.

19:16 Publié dans télé | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : journalisme

25/04/2008

Petits dérapages entre amis

Succès d'estime sur les plates-formes pour l'archive de Laurent Ruquier annonçant prématurément le décès de Pascal Sevran sur France 2 le 21 avril (6 copies sur Dailymotion, 5 sur Youtube, pour un total approchant les 80.000 vues). On pourrait penser qu'il y a quelque injustice à voir ainsi épingler ce faux-pas, alors que l'animateur, victime collatérale de la bourde de Jean-Pierre Elkabbach, paye ici pour les autres (Morandini, qui fait la même annonce sur Direct 8 à 19h20 ne recueille qu'un petit 2453 vues).

Mais il y a chez Ruquier une belle obstination dans l'erreur: en présentant ses excuses, quelques minutes plus tard, il attribue faussement à l'AFP la dépêche qui lui a été passée. Ce qui l'oblige à réitérer ses regrets le lendemain, à la demande de l'agence. Mal à l'aise, le chansonnier qualifie l'info de "canular", en omettant de rappeler que c'est son patron qui est à l'origine de la fausse nouvelle. Tant de constance dans la camaraderie de chaîne force le respect et garantit à la série le destin de "casserole" – un remords visuel inscrit pour longtemps dans le sillage de l'animateur, et que la télé, qui n'adore rien comme de manger ses enfants, se fera un plaisir de lui resservir sur un plateau, dès que l'occasion se présentera.

23/04/2008

Elire un président de cinéma?

Après la vidéo "Children (it's three AM)", le staff de Hillary Clinton a encore grimpé d'un cran dans l'échelle du clip politique qui fait peur. Diffusé le 21 avril, la veille du vote des délégués de Pennsylvanie, "Kitchen" (allusion à une citation de Harry Truman: “If you can't stand the heat, get out of the kitchen”; “Si tu ne supportes pas la chaleur, ne reste pas dans la cuisine”) accumule images de guerre et de pompes à essence dans le plus grand désordre mental, sur une musique façon "L'Etoffe des héros". On croirait une annonce pour un programme de Fox News.

Alors que la presse française tire le bilan d'un an de présidence Sarkozy, ce film nous rappelle quelques souvenirs. A nous aussi, on a vendu un chef, un battant, capable d'affronter sans sourciller la troisième guerre mondiale. En attendant, la politique, la vraie, celle où il faut écouter, évaluer, discuter, négocier au jour le jour, paraît un exercice nettement plus compliqué.

“It's the toughest job in the world” (“C'est le boulot le plus dur du monde”), énonce sans rire la vidéo. Hillary est-elle taillée pour le rôle de Harrison Ford? Hier sur ABC, elle a en tout cas tenu à montrer que sa détermination n'avait rien à envier à celle d'un George Bush: “I want the Iranians to know that if I’m the president, we will attack Iran. In the next 10 years, during which they might foolishly consider launching an attack on Israel, we would be able to totally obliterate them” (“Je veux que les Iraniens sachent que si je suis présidente, nous attaquerons l'Iran. Au cours des dix prochaines années, s'ils sont assez fous pour lancer une attaque sur Israël, nous serons capables de les oblitérer totalement”).

On tient là un sérieux indice pour l'élection du futur président américain. Quand les Démocrates font la campagne des Républicains, qui a le plus de chances de l'emporter? En France, on connaît malheureusement déjà la réponse.

13:15 Publié dans images | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : video, campagne, usa, clinton

21/04/2008

Raconter des histoires avec des images

d0a5f0bb9e459481fe51d77935584c7a.jpgEn discutant l'autre jour des évolutions du photojournalisme avec une étudiante canadienne, je constatais une fois encore que le point de départ de l'analyse est le prototype de l'image d'information, où à un événement ponctuel et bien identifié correspond son iconographie légitime et nécessaire. Mais si ce modèle fonctionne pour une catégorie bien particulière d'événements – du type 11 septembre – il représente en réalité l'exception plutôt que la règle. Il suffit de feuilleter n'importe quel journal, n'importe quel magazine, pour s'apercevoir que la majeure partie de son iconographie relève d'un autre modèle: celui de l'illustration, où le rapport à l'événement n'est pas dicté par la fonction informative de l'image, mais plutôt par ses fonctions décorative ou narrative.

Bel exemple ce matin avec la couv' de Libé. Pour illustrer le bilan jugé calamiteux d'un an de présidence, le quotidien a choisi une photographie en gros plan de Nicolas Sarkozy, à un moment où il n'était encore que candidat, lors d'un meeting le 24 avril 2007 à Rouen, où on l'aperçoit tendu par l'effort, le visage couvert de gouttes de sueur très apparentes.

Le choix d'une photographie datée d'il y a un an, presque jour pour jour, est un clin d'oeil habile à la thématique du bilan. Mais si elle décrit quelque chose de la situation présente pour un lecteur d'aujourd'hui, c'est bien par l'expression de difficulté qui semble marquer le visage du personnage, et qui prend tout son sens dans le contexte actuel, bien différent de celui de la campagne présidentielle.

Même ce gros plan, apparemment univoque, pourrait être utilisé dans un autre contexte pour signifier au contraire la valeur de l'effort, de l'engagement et du don de soi du président de la République. Si nous lisons dans ce visage la peine plutôt que l'action, c'est en réalité que nous sommes guidés par les multiples indications fournies par le titre (“Encore quatre ans”) et la légende (“plutôt un échec”), encore renforcées par un détourage du portrait sur fond noir, qui contribue à orienter la lecture.

Cette utilisation de l'image pour ses qualités narratives est le vrai ressort de l'illustration de presse moderne. Comme le répète Jean-François Leroy, directeur du festival Visa pour l'image, une bonne photographie de reportage est “une photo qui raconte une histoire”. Encore faut-il ajouter qu'on peut faire dire ce qu'on veut à une image.

14/04/2008

A-t-on retrouvé le portrait de Jeanne d'Arc?

66951501acc2516c605a51fc98977b39.jpgA une époque où le minois de la moindre aspirante à la Star Ac' fait le tour des écrans, c'est difficile à croire. Et pourtant, de la première héroine de l'histoire de France, Jeanne la bonne Lorraine, sujet de milliers d'ouvrages, nous ne connaissons aucune image contemporaine réaliste. Des enlumineurs aux cinéastes, d'Ingres à Méliès et de Renée Falconetti à Milla Jovovich, on a prêté des centaines de visages à la sainte. Mais personne ne connait ses véritables traits.

Du moins jusqu'à la diffusion, le 29 mars dernier sur Arte, du documentaire de Martin Meissonnier, "Vraie Jeanne, fausse Jeanne. Jeanne d'Arc, la contre-enquête" (coproduction: Arte France, Productions Campagne Première, CFRT), qui a battu tous les records du genre en attirant près d'un million de téléspectateurs, soit 4,7 % de parts de marché.

Largement appuyé sur le livre de Marcel Gay et Roger Senzig (L'Affaire Jeanne d'Arc, Florent Massot éd., 2007), ce film passe la légende à la moulinette d'une interprétation séculière et politique, loin de tout surnaturel. C'est la famille royale  qui aurait instrumentalisé le destin de la pucelle, fabriquant une "envoyée de Dieu" conforme à la prophétie afin de renverser le joug anglais.

Suivant l'ouvrage, Martin Meissonnier révèle que Jeanne n'aurait pas été brûlée à Rouen en 1431, mais aurait survécu et se serait mariée en 1436 à Robert des Armoises. Le film se clôt sur le portrait de Jeanne des Armoises, en médaillon au-dessus de la cheminée du chateau de Jaulny, la demeure du couple près de Metz. Le vrai visage de l'héroine? C'est ce que le documentaire laisse entendre.

Voire. Nul besoin d'être médiéviste pour trouver étranges les certitudes assénées tout au long d'un film à thèse. A plus forte raison à l'endroit d'un dossier caractérisé par une aussi large part de légende – une surdétermination originaire qui noie toute information et impose au contraire à l'historien la modestie et la prudence.

La thèse du film de Martin Meissonnier s'inscrit en réalité dans une tradition qui remonte aux années 1950, lancée par Jean Grimod (Jeanne d'Arc a-t-elle été brûlée?, Amiot-Dumond éd., 1952). On trouvera sur le site du cercle zététique une réfutation point par point des arguments des "survivistes". Qu'une chaîne publique comme Arte se laisse prendre au piège d'une telle théorie du complot n'est pas un signe rassurant.

Quant au portrait final qui laisse le téléspectateur persuadé d'avoir aperçu le vrai visage de Jeanne, nul ne songe à nous informer que son style n'a rien de médiéval, et que s'il rappelle plutôt la Renaissance, c'est à la manière des imitations dont est friand le second XIXe siècle. Quelle que soit aujourd'hui la tyrannie du visuel, il faut s'y faire: nous ne connaîtrons jamais les véritables traits de la pucelle. Et ce pour la même raison qui fonde sa légende: le goût du symbole et de l'invisible, que le Moyen-Age a le tort de préférer aux apparences.

 
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